Armand David est né le 7 septembre 1826 à Espelette dans le sud-ouest de la France. Le 4 novembre 1848, il intègre les jésuites à Paris où il étudie plusieurs années. Il part ensuite en Italie étudier la médecine, la zoologie et la botanique. Le 5 juillet 1862, il arrive à Pekin et y restera 12 ans. Durant ce temps, il fera 3 voyages dans l’ouest du pays mais tombera malade lors de cette 3° mission. Il revient en France en 1874.

Durant ces 12 années en Chine, il visita la Mongolie intérieure, Shanghaï, les provinces du Sichuan, Hubei et Jiangxi pour faire son travail de missionnaire ainsi que des recherches scientifiques. Durant 4 ans –du 1° mars 1869 à 1872 – il travailla à Moupin (aujourd’hui Baoxing) dans le Sichuan. Lors de sa première année dans la région, il découvrit le fameux panda géant à Dengchigou et envoya sa peau à Paris au Museum d’Histoire Naturelle.

Ce voyage en Chine permit à Armand David de découvrir 189 nouvelles espèces de plantes et d’animaux dont le célèbre arbre aux mouchoirs, Davidia involucrata (logo de notre jardin...) , 52 espèces de rhododendrons, 3 de magnolias, 4 de sapins et 4 de chênes.

A son arrivée à Moupin, Armand David écrit : " Le pays, de montagnes escarpées, est, en dépit des bucherons et des agriculteurs, abondamment boisé, sapins et cèdres jusqu’à 3.000 mètres. « Le pin lancéolé et le pin à minces feuilles », ainsi que l’aulne du Setchuan prospèrent jusqu’à 2.000 mètres. Les Rhododendrons sont particulièrement abondants ".

(note : il n’y a pas de cèdres dans cette région et David emploie sans doute ce terme pour désigner d’autres conifères tabulaires. Le pin lancéolé désigne sans doute Cunninghamia lanceolata)

Moupin se trouve encore à l’époque en plein Tibet : « longtemps fermée aux chinois, la principauté en tolère aujourd’hui un nombre grandissant. » C’était une autre époque !

Le 23 mars 1869, c’est la découverte du panda géant. Il écrit : « Le jeune ours est tout blanc, à l’exception des quatre membres, des oreilles et du tour des yeux, qui sont d’un noir profond. Il s’agit donc ici d’une nouvelle espèce d’ursidé qui est très remarquable non seulement par sa couleur, mais encore par ses pattes velues en dessous et par d’autres caractères. »

Plus tard, il note concernant ses herborisations : « Les grands rhododendrons sont en fleurs, et j’en distingue déjà au moins 7 espèces différentes. Je trouve aussi, au milieu d’une forêt humide, un magnifique magnolia à grandes fleurs purpurines et sans feuilles encore ». (note : il s’agit peut être de M.liliiflora présent dans cette région)

Les missionnaires de cette époque sont persuadés que leurs tâches sont de l’intérêt général. Ainsi, Armand David note : «  J’ai pour aide et domestique un ex-élève qui a beaucoup d’habileté manuelle et qui, après avoir fait semblant de me servir gratis et par reconnaissance pour les bienfaits que les missionnaires font aux chrétiens, profite de la circonstance (note : David est malade) pour se faire promettre un salaire plus fort que celui (très-suffisant) que je lui donne… Je me sens très irrité contre cette cupidité générale et sordide de ces gens qui nous doivent tout, et qui, au lieu de m’aider volontairement dans une œuvre dont l’utilité finale est pour tout le monde en général, cherchent tous les moyens de m’exploiter et de m’arracher le plus de sapèkes possible ».

Notre jardin botanique rend hommage à ce grand naturaliste et cultive plusieurs espèces découvertes par lui-même ou nommées en son honneur.

A lire :


Davidia involucrata